


Communiqué de presse de Paysages de France
Contact presse :
Cette enseigne Carrefour se dressait, depuis plusieurs décennies, à l’entrée sud de Cahors. Dépassant de très loin les limites de hauteur et de surface fixées par le Code de l’environnement, elle avait fait l’objet, le 17 décembre 2007, d’une demande de PAYSAGES DE FRANCE auprès du préfet**.
Jouant sur les ambiguïtés d’un RLP (règlement local de publicité) mal rédigé et non appliqué, la direction de cet hypermarché avait d’abord refusé de démanteler son enseigne démesurée (37m² pour chaque face et 12 m de haut !).
Bientôt allait apparaître le slogan « La qualité pour tous » (sic). Cynisme, aveuglement ou humour noir ? Voir autre photo ci-dessous.
Cette situation était devenue d’autant plus choquante que, même si cette enseigne avait été légale, son maintien contredisait de façon ostentatoire les engagements pris par le groupe Carrefour dans le cadre du Grenelle de l’environnement. En effet, le 29 janvier 2008, le directeur de Carrefour avait signé une convention *** par laquelle il s’engageait à « limiter l’impact des activités du commerce et de la distribution en termes de pollution visuelle (affichage, enseignes...) ».
Après la suppression d’un nombre important de publicités et de préenseignes, en particulier dans le Quercy Blanc en 2008 et 2009, et, récemment, à Gramat, au cœur du parc naturel régional des Causses du Quercy, après le démantèlement de très nombreuses autres structures publicitaires à travers la France, PAYSAGES DE FRANCE ainsi que le GADEL – avec qui elle agit dans le Lot – signent aujourd’hui une nouvelle victoire contre ceux qui défigurent nos paysages et n’hésitent pas, au besoin, à violer le Code de l’environnement.
Cette victoire associative, il faut désormais la transformer en une victoire collective. L’objectif de Paysages de France n’est certainement pas d’« embêter » les maires, les préfets ou les commerçants, ainsi que certains voudraient le faire croire. L’intérêt de tous, au-delà des seuls problèmes de légalité, est de vivre et d’agir dans un espace (un paysage) qui ne soit plus synonyme de dégradation, de destructuration et donc d’échec. L’image d’une ville et de ses activités dépend notamment de l’image que donnent ses entrées. Les paysages font partie du « patrimoine commun de la nation » (loi du 2 février 1995). L’enjeu est donc désormais, au-delà du symbole que représente le démontage de l’enseigne Carrefour de Cahors, de prendre à bras le corps le problème des entrées de cette ville. Celles de Cahors, dont le centre ancien est au demeurant digne des plus belles cités, sont aujourd’hui à la fois tentaculaires et souvent proches en effet de cette « abomination » que dénonce Michel Serres. C’est donc d’un véritable plan de bataille qu’a besoin Cahors. Et c’est donc au maire et aux élus de cette ville qu’est lancé aujourd’hui un appel. Pour qu’ils relèvent ce défi !
* Michel Serres
** Dès constatation d’une infraction, le préfet est tenu, en vertu des dispositions du Code de l’environnement, de mettre en demeure le contrevenant de supprimer ou mettre en conformité, dans le délai de quinze jours, le dispositif irrégulier.
*** « Convention sur les engagements pris par les entreprises du Commerce et de la Distribution dans le cadre du Grenelle de l’Environnement », signée notamment par Jean-Louis Borloo, ministre d’État, Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et le groupe Carrefour.